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Caractéristiques du récit autobiographique et écritures de soi

par sdelaroche

Caractéristiques du récit autobiographique

- Auteur = narrateur = personnage : une seule et même personne.

- L’auteur raconte ses propres souvenirs —> récit écrit à la première personne.

- Les événements relatés sont réels et les personnes ont réellement existé.

- Le récit est rétrospectif : l’autobiographe raconte une histoire vraie, sa vie passée : il la réorganise ou il tente de raconter des événements tels qu’il les a vécus. [1]

- Le point de vue adopté est interne (subjectivité du narrateur/auteur).

- Malgré le temps écoulé entre les faits relatés et le moment où il fait son autobiographie, l’auteur se doit d’être convaincant et sincère : cf le pacte autobiographique.

- Le récit débute souvent à la naissance de l’auteur et peut aller jusqu’au moment de la rédaction. [Dans Les Mots, Sartre arrête son récit autobiographique au moment où sa mère se remarie, cf biographie de Sartre].

- L’auteur sélectionne les souvenirs évoqués. [Subjectivité de cette sélection, consciente ou inconsciente...]

- En général, pour le récit des événements passé, l’auteur emploie les temps du passé (imparfait / passé simple) et parfois du présent de narration (favorise l’implication du lecteur dans certaines actions).

- Mais le narrateur commente les événements passés, et livre ses réflexions d’adulte en utilisant le présent d’énonciation et le passé composé ; ce sont les temps propres aux énoncés ancrés dans la situation d’énonciation [2], ils sont organisés autour du moment de l’énonciation : « même aujourd’hui, ils gardent leur opacité : c’est l’humus de ma mémoire ». (Les Mots, « La bibliothèque ») - « aujourd’hui » : référence temporelle qui renvoie au moment où Sartre écrit son récit ; « gardent » : présent d’énonciation.

- Donc, le va-et-vient entre les énoncés renvoyant au moment de l’écriture (énoncé ancré dans la situation d’énonciation, qui est celle de l’écrivain en train d’écrire son récit), et les énoncés renvoyant au moment du souvenir (énoncé coupé de la situation d’énonciation) caractérise le récit autobiographique.

- Rapport au passé : narrateur s’identifie au personnage qu’il a été, ou prend des distances vis-à-vis de ce dernier / des événements <—> vision critique du narrateur adulte.

- Les thèmes le plus souvent abordés : la naissance, la jeunesse, la généalogie, le portrait des parents, les souvenirs scolaires / de lectures, les premières rencontres, les échecs, les réussites, ...

D’autres écrits relevant de l’écriture de soi

- Mémoires : texte autobiographique, mais l’auteur ne centre pas son écrit sur sa vie intime , il aborde des événements historiques.

- Journal intime : aborde des sujets identiques à l’autobiographie (récit d’événements personnels de la vie de l’auteur), mais, au contraire du récit autobiographique, il n’est pas rétrospectif —> n’est pas une véritable autobiographie selon la définition de Lejeune.

- L’essai : œuvre de réflexion débattant d’un sujet donné selon le point de vue de l’auteur. L’auteur présente sa propre réflexion sur des sujets divers —> on peut parfois se faire une idée de la personnalité de l’auteur (cf Essais de Montaigne). On est davantage dans le portrait que dans l’autobiographie, car l’auteur ne raconte pas sa vie passé.


Notes

[1Sur le caractère rétrospectif de l’autobiographie, lire, dans le manuel Soleils d’encre, p. 367, l’extrait de L’Autobiographie, de Jacques Lecarme et Eliane Lecarme-Tabone. Les auteurs y disent notamment : « Le narrateur ne peut, en principe, qu’évoquer son passé : quand il commence à raconter, les jeux sont faits ».

[2Énoncé : message produit par un émetteur (l’énonciateur ou le locuteur) pour un destinataire.

Énonciation : acte accompli par l’énonciateur.

Situation d’énonciation : situation dans laquelle un énoncé est produit. Pour la définir, il faut répondre aux questions : Qui parle ? Quand ? Où ?

Énoncé ancré dans la situation d’énonciation : comporte des indices de cette situation d’énonciation, qui ne se comprennent que si locuteur et destinataire partagent la même situation d’énonciation. Moment repère = moment où s’exprime le locuteur. Ex : Je suis passé te voir hier.

Énoncé coupé de la situation d’énonciation : Ce qui est raconté n’est pas lié au moment où le locuteur parle. Pas d’indices de la situation dans laquelle l’énoncé a été produit. Énoncé compréhensible sans connaître la situation dans laquelle il a été produit. Ex : Le 3 février Marion rendit visite à Paul. Moment repère situé dans le passé et l’énoncé peut comporter des indications de temps choisies par rapport à ce moment repère (« la veille », « le lendemain », « le jour précédent », « le jour suivant ». Ex : Marie était arrivée à Basse-Terre le 10 janvier 2009. La veille, elle habitait encore au Moule.

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